Quels changements pour les professionnelles de l’esthétique en 2019 ?

Nombreux seront les changements pour les professionnelles de l’esthétique en 2019. En effet, l’année 2018 a été particulièrement riche en réformes, dont la plupart entrent en vigueur à partir du 1 er janvier. Ces mesures vont concerner toutes les esthéticiennes, qu’elles soient scolarisées, salarié(e)s, indépendant(e)s ou en projet d’installation, car elles concernent des sujets aussi variés que la rémunération, la création d’entreprise, la formation continue, le congé maternité, l’apprentissage, les taxes et cotisations ou la présentation du bulletin de salaire. A cette liste impressionnante s’ajoute la traditionnelle revalorisation annuelle du Smic en début d’année, qui impactera la grille des salariées et des apprenties dès le mois de janvier. Petit tour d’horizon de ce qui vous attend en 2019.

Hausse des salaires dès janvier

Parmi les changements pour les professionnelles de l’esthétique en 2019, le plus immédiatement visible va concerner la hausse des salaires.

1521.22 euros bruts minimum

En janvier 2019, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) augmente de 1,5 %. Le montant du Smic horaire passe ainsi de 9,88 € à 10,03 € brut, soit une rémunération mensuelle brute de 1 521,22 € au lieu de 1498.47 € sur la base de 35 heures par semaine. Tou(te)s les professionnelles de l’esthétique ayant un coefficient de 135 à 180, dont les salaires sont actuellement inférieurs à ce nouveau salaire plancher,  sont concerné(e)s. En attendant une mise à jour de la Convention collective, qui devrait intervenir rapidement, toutes les rémunérations versées dès janvier 2019 devront au minimum être réévaluées sur la base de 1521.22 euros bruts.

Les esthéticiennes en alternance concernées

Les esthéticiennes en contrat de professionnalisation ou en contrat d’apprentissage voient leurs rémunérations augmenter au 1 er janvier. D’une part, elles bénéficient de la revalorisation du SMIC, à partir duquel sont fixées leurs rémunérations. D’autre part, certaines modalités de calcul ont été revues à l’occasion du passage à la nouvelle année, modifiant des pourcentages à la hausse. C’est donc une nouvelle grille de rémunérations qui entre en vigueur en janvier 2019 pour les apprenties. Y figure une ligne supplémentaire, avec l’ouverture de l’alternance, en 2019, aux de plus de 26 ans.

Pour consulter la nouvelle grille des salaires, cliquer ici.

Nouveau régime des heures supplémentaires

Autre mesure votée en décembre 2018 en faveur des salariés : le retour des heures supplémentaires exonérées de charges dès janvier 2019. Une excellente nouvelle pour les esthéticiennes, employées dans de très petites entreprises, qui voient souvent leurs horaires de travail augmenter au plus fort de la saison ou lors des périodes de congés payés de leurs collègues. Notons également que cette exonération concerne aussi les heures complémentaires des salarié(e)s à temps partiel.

Autre avantage, la rémunération des heures supplémentaires ne sera pas imposable jusqu’à 5000 euros. Concrètement, une esthéticienne payée au salaire minimum (10.03 € bruts/heure), dont la rémunération passe à +25% pour les heures supplémentaires à taux majoré, pourra effectuer jusqu’à 7 heures supplémentaires par semaine rétribuées à 12.54 euros, sans charges ni impôts.

Bon à savoir pour les gérantes d’instituts : attention, l’exonération sur les heures supplémentaires ne concerne pas les charges patronales qui restent dues !

Prime de fin d’année (2018)

Les instituts qui verseront une prime de fin d’année à leur(s) salarié(e)s bénéficieront d’une exonération totale de charges sociales salariales et patronales, y compris pour ce qui concerne la CSG et la CRDS. Autrement dit, chaque euro donné au titre de la prime exceptionnelle de fin d’année par l’institut sera du net en bas de la fiche de paie pour les salarié(e)s et ne coûtera que un euro aux employeurs. D’autre part, cette somme ne sera pas comptée dans le revenu imposable de l’employée.

Le montant de la prime est librement défini par l’employeur jusqu’à un plafond de 1000 euros. Cependant, pour pouvoir bénéficier de l’avantage « zéro charges », il est impératif que la somme versée soit identique pour tous les salariés ayant un même niveau de rémunération, sans tenir compte des résultats individuels ou de l’ancienneté. Elle peut tout de même être modulée dans certains cas :

  • la prime peut être réduite au prorata pour les salarié(e)s à temps partiel ou pour ceux/celles qui ont été embauché(e)s en 2018 et qui n’ont pas une année entière d’ancienneté
  • la prime peut être réservée aux salariés dont la rémunération ne dépasse pas un seuil librement fixé par l’employeur

Enfin, bon à savoir, cette prime dite « de fin d’année » pourra concrètement être distribuée jusqu’au 31 mars 2019.

Cotisations sociales

Qu’on soit esthéticienne salariée, employeur ou seule à son compte, 2019 va apporter des changements en matière de cotisations sociales.

Un gain de 270 euros en année pleine pour les esthéticiennes salariées

Pour les salarié(e)s, peu de nouveauté en 2019 sur les charges. En effet, plusieurs changements ont déjà eu lieu en 2018. Pour commencer, la cotisation maladie (soit 0,75% du salaire brut) a été supprimée en janvier. Idem pour la cotisation chômage, qui a baissé de 2,4 à 0,95 %, avant de disparaitre à son tour à en octobre. Mais la CSG ayant augmenté en parallèle dès le début d’année 2018, l’avantage pour les salariés ne s’est pas encore vraiment fait sentir. 2019 sera donc la première année pleine où les esthéticiennes percevront un gain net. De quel ordre sera t-il ? En tenant compte de la hausse de la CSG, le montant supplémentaire versé en net sur la fiche de paie s’élèvera chaque mois à 1.45 % de salaire brut, soit environ 22 à 23 euros par mois (selon le coefficient du poste).

Les esthéticiennes à 35 heures pourront ainsi profiter en 2019 d’une rémunération annuelle nette supplémentaire de l’ordre de 270 euros en moyenne.

Le CICE remplacé par une baisse des cotisations

En 2019, le CICE est remplacé par une baisse de charges du même montant, mais qui a l’avantage d’être applicable immédiatement. Par conséquent, les instituts qui emploient du personnel auront l’agréable surprise, cette année seulement, de pouvoir profiter des deux mécanismes, qui vont se télescoper. Explications. Mis en place sous la présidence Hollande pour réduire le coût du travail, le CICE consistait en un crédit d’impôt représentant un pourcentage des salaires versés l’année précédente. Après dépôt des comptes annuels de l’institut à l’administration, il donnait droit soit à une réduction d’impôt, soit à un remboursement immédiat par le Trésor sur demande motivée (pour les TPE). Compte tenu de ce mécanisme, il y avait donc toujours un an de décalage entre le versement des salaires, et la perception de l’avantage lié au CICE, ce qui ne manquait pas de soulever des critiques quant à l’efficacité du système pour aider les plus petites entreprises à embaucher. En outre, il  y avait chaque année une incertitude sur le maintien et le montant du CICE. En 2019, fini le CICE : les entreprises vont bénéficier à la place d’une baisse des charges patronales définitive de 6 %. 2019 constituera par conséquent une année charnière où vont donc se cumuler les avantages du CICE 2018 (versé au printemps 2019), et la baisse immédiate des charges patronales dès le mois de janvier.

Ainsi, les professionnelles de l’esthétique employant des salarié(e)s pourront bénéficier, en 2019, d’un avantage global représentant à peu près 12 % de la masse salariale brute.

La réduction Fillon renforcée

Depuis 2005, la réduction Fillon (officiellement appelée « allègement général renforcé ») permet de bénéficier d’une remise sur les charges sociales patronales concernant les salaires bruts inférieurs à 1.6 fois le SMIC, soit 2434 euros en 2019. Cet avantage intéresse donc pratiquement tous les employeurs du secteur esthétique. Bonne nouvelle : le mode de calcul de la réduction Fillon est modifié à compter du 30 septembre 2019, de manière à réduire davantage les charges patronales. Exemple : pour une rémunération située au niveau du SMIC, la réduction passe ainsi, à compter du mois d’octobre, de 427.30 euros à 488.92 euros (sous condition d’avoir 20 salariés maximum).

Modulation mensuelle des charges pour les indépendant(e)s

En 2019, le principal changement à venir pour les indépendant(e)s de l’esthétique est la possibilité de payer mensuellement leurs cotisations sociales, sur la base du revenu perçu le mois précédent. Un fonctionnement « en temps réel », calqué sur le modèle de déclaration sociale des auto entrepreneurs et des salariés, qui vise à remplacer l’actuel système d’acomptes forfaitaires basé sur les revenus de l’année N-1.

Disponible dès janvier 2019, ce nouveau service est basé sur le volontariat. Pour en bénéficier, il suffit de s’y inscrire sur le site de l’URSSAF : l’adhésion (comme la résiliation) peut se faire à tout moment de l’année et permet de démarrer déclarations et prélèvements dès le mois suivant. Toutes les démarches (jusqu’au prélèvement) s’effectuent en ligne. Trois avantages :

  • Maitriser les entrées et sorties de trésorerie, en réglant à l’euro près les cotisations dues au titre de ce qu’on a perçu le mois précédent;
  • Éviter les trop payés en cas de baisse de revenus;
  • Supprimer les échanges de courriers parfois compliqués (et chronophages) avec l’administration

Une seule contrainte : la déclaration doit se faire chaque mois avant le 22.

Prélèvement des impôts à la source

Le prélèvement des impôts à la source, qui entre en vigueur dès janvier 2019, va concerner toutes les esthéticiennes, qu’elles soient salariées ou à leur compte. Cependant, pas de panique : pour les TPE comme les instituts, des aménagements ont été prévus.

Pour les salariée(e)s

La mise en place du prélèvement des impôts à la source nécessite une adaptation pour les instituts employant du personnel. Concrètement, il s’agit de calculer et collecter l’impôt dû par chaque employé(e) en le retenant sur le salaire (comme c’est actuellement déjà le cas pour les charges salariales, qui sont dues par les salariés mais directement prélevées et payées par l’employeur à l’URSSAF). Le taux du prélèvement est fourni automatiquement par l’administration pour chaque salarié(e). Pas de difficultés, donc, pour déterminer l’impôt à collecter, ni de conflit à gérer avec les salariés. En cas de contestation, l’entreprise n’est pas un interlocuteur fiscal : le salarié doit s’adresser au centre des impôts !

Pour alléger la contrainte du versement à l’administration fiscale, les TPE disposent de la possibilité de régler l’impôt collecté chaque trimestre, et non sur une base mensuelle. Quant aux instituts qui utilisent le Titre Emploi Service Entreprise pour calculer et régler leurs charges, elles pourront bénéficier du même mécanisme pour le prélèvement des impôts à la source. Celui-ci se fera en même temps que le paiement des cotisations, sans avoir à effectuer de démarches particulières.

Pour les esthéticiennes à leur compte

Le prélèvement à la source concerne aussi les indépendantes, qui devront dorénavant régler leur impôt chaque mois ou chaque trimestre par prélèvement (selon l’option choisie). Ces acomptes pourront cependant être modulés (notamment à la baisse) en fonction des revenus réels d’activités que perçoit l’esthéticienne à son compte. En effet, le principe de la retenue à la source est de payer des impôts sur les revenus de l’année en cours, et non sur celui de l’année précédente comme cela était le cas jusqu’ici.

Seules exceptions, les esthéticiennes exerçant en micro entreprise n’ont aucune nouvelle démarche à faire puisqu’elles payent déjà leur impôt sur le revenu avec leurs cotisations sociales. Elles pourront donc naturellement continuer de bénéficier de ce prélèvement forfaitaire au taux fixe de 1.7% du chiffre d’affaires.

Réforme de la formation continue

C’est en 2019 que rentrera progressivement en vigueur la réforme de la formation professionnelle votée en 2018, dont le décret d’application est paru le 28 décembre. Concrètement, quels en sont les conséquences pour les esthéticiennes ? 2019 va constituer une année de transition.

Une réforme en deux étapes

Première étape de la réforme : dès janvier, le compte personnel de formation est libellé en euros. Il fonctionne désormais à la façon d’un compte en banque, alimenté de 500 euros par an (800 euros pour celles qui n’ont pas au minimum un CAP ou titre de même niveau). Il devient ainsi possible d’économiser jusqu’à 5000 euros pour financer un projet de formation. Seconde étape de la réforme : à compter d’octobre 2019, tous les détenteurs d’un compte personnel de formation auront directement accès à une application en ligne dédiée à la formation. Ce site regroupera les formations éligibles proposées par tous les organismes et permettra aux salarié(e)s et indépendant(e)s de sélectionner, payer et planifier leurs formations en toute autonomie.

Une conversion à 15 euros de l’heure

Rappelons en préambule que depuis 2018, chaque personne qui travaille, qu’elle soit salariée ou indépendante, cumule 24 heures de formation par an, placées sur un compte personnel de formation qui la suit tout au long de sa carrière. Quid des heures acquises avant 2019 ? Elles ne seront bien sûr pas perdues. Cependant, les esthéticiennes risquent d’être perdantes lors du passage du CPF en euros. En effet, chaque heure sera valorisée à hauteur de 15 euros, alors que l’heure de formation en esthétique était précédemment financée à hauteur de 28 euros par OPCALIA. Ainsi, un crédit de 24 heures de formation équivalait à une enveloppe financière de 672 euros. Avec la réforme, celle-ci sera réduite à 360 euros.

Réforme de la formation en alternance

Si le contrat de professionnalisation n’enregistre pas de modifications substantielles en 2019, l’apprentissage en revanche bénéficie de différents changements. Le financement de l’alternance évolue également.

Facilité accrue pour entrer en apprentissage

Plusieurs mesures applicables au 1 er janvier 2019 visent à développer davantage l’apprentissage en assouplissant certaines dispositions :

  • ouverture de l’apprentissage aux personnes de 26 à 29 ans révolus, avec rémunération au SMIC
  • possibilité de conclure un contrat d’apprentissage à n’importe quel moment de l’année
  • possibilité de rompre un contrat d’apprentissage sans passer obligatoirement devant les Prudhommes

Mise en place de l’aide unique à l’embauche

A compter de janvier 2019, l’aide unique à l’embauche d’un(e) apprenti(e) remplace les multiples dispositifs existants (prime à l’apprentissage, crédit d’impôt, aide TPE jeune apprenti). Attention : elle n’est destinée qu’aux apprenti(e)s préparant un CAP, BP ou bac Pro esthétique (pas d’aide à l’embauche pour la préparation de diplôme supérieur au bac comme le BTS esthétique). Pour en bénéficier, la gérante embauchant un(e) apprenti(e) doit enregistrer le contrat auprès de la chambre des métiers. Cette démarche s’effectue en ligne sur le « Portail de l’Alternance » (lien et détails ici).

L’aide unique est versée mensuellement à l’employeur, durant toute la durée du contrat. Son montant, fixé par le décret du 30 décembre 2018, s’élève à :

  • 4125 euros pour la première année d’apprentissage (343.75 euros par mois)
  • 2000 euros pour la seconde année d’apprentissage (166.67 euros par mois)
  • 1200 euros pour une (éventuelle) troisième année d’apprentissage (100 euros par mois)

Bon à savoir : pour les contrats d’apprentissage signés avant le 1 janvier 2019, l’ensemble des anciennes aides continueront de s’appliquer jusqu’à la fin du contrat.

Allègement des cotisations patronales sur les salaires des apprenti(e)s

En 2019, le calcul des cotisations sociales sur les salaires des apprenties se simplifie, avec la fin des exonérations spécifiques et l’application du régime général pour tous. Par conséquent, les charges patronales sur les salaires versés aux apprenti(e)s bénéficient désormais de la « réduction Fillon ».

Une contribution unique pour l’apprentissage et la formation professionnelle

En 2019, une seule taxe remplace (à la baisse) deux ex cotisations calculées sur les salaires, qui disparaissent : la taxe d’apprentissage (qui était de 0.68 %) et la cotisation à la formation professionnelle (de 0.55 % pour les entreprises de moins de 10 salarié(e)s). Pour encourager l’apprentissage, une modulation a été prévue selon que l’entreprise accueille ou non des apprenti(e)s. Pour les instituts qui comportent moins de 11 salariés, la « contribution unique à la formation professionnelle et à l’apprentissage » est donc fixée ainsi :

  • 0.55 % pour les entreprises employant au moins un(e) apprenti(e)
  • 0.99 % pour celles n’occupant aucun apprenti

Bon à savoir : le salaire des apprenti(e)s ne rentre pas dans la base de calcul de la taxe.

Avantages à la création d’entreprise en 2019

Exonération de charges

Coup de pouce appréciable pour les professionnelles de l’esthétique qui se mettent à leur compte en 2019 : elles bénéficieront d’une exonération pratiquement totale de cotisations sociales durant leur première année d’activité (jusqu’à 30 393 euros de revenu versé). Toute indépendante qui s’installe, qu’il s’agisse d’une création ou d’un rachat de fonds, peut prétendre à ces exonérations en déposant le formulaire de demande (CERFA 13584*02) auprès de la Chambre des Métiers, au maximum 45 jours après le démarrage de l’entreprise. Seules certaines charges minimum resteront à payer en 2019 :

  • CSG – CRDS (9.7 % du revenu)
  • contribution à la formation professionnelle (0.25% avec un minimum de 99 euros/an)
  • cotisation retraite (17.75% avec un minimum de 811 euros/an)

Pour les micro entrepreneuses de la beauté, le dispositif est légèrement différent et ouvre droit à une réduction de charges partielle mais plus longue, qui durera 3 ans :

  • 75 % d’exonération la première année
  • 50 % d’exonération la seconde année
  • 25 % d’exonération la troisième année

Voici donc l’opportunité de lancer son activité sans (trop de) pression. Rappelons que jusqu’à maintenant, il fallait être demandeur d’emploi pour bénéficier de ce dispositif, autrefois appelé « Accre » et désormais rebaptisé « exonération de début d’activité ».

Bon à savoir : bénéficier de cette réduction de charge n’est pas automatique : il faut cocher « ACCRE » lors de l’inscription en ligne sur le portail des auto entrepreneurs.

Fin du SPI (stage obligatoire à l’installation)

Le stage obligatoire de préparation à l’installation est supprimé. Un stage d’initiation à la gestion d’entreprise continuera cependant d’être proposé par les Chambres des Métiers : durant une semaine, son coût est de 194 euros en 2019. Pour mémoire, le SPI coûtait 400 à 500 euros en moyenne.

Affiliation des créateurs d’entreprise à la CPAM

Préfigurant le basculement progressif de tous les indépendant(e)s dans le régime général, les esthéticiennes créant une entreprise en 2019 (y compris les auto entrepreneurs) seront automatiquement affiliées à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Celles qui étaient auparavant salariées ou demandeurs d’emploi ne changeront donc pas de caisse : il suffira de mettre à jour leur carte vitale.

Adoption du congé maternité unique

En 2019, toutes les futures mamans, quel que soit leur statut, auront droit au même repos. Une bonne nouvelle pour les esthéticiennes à leur compte, pour qui le congé maternité va (enfin) être aligné, en 2019, sur celui des salariées, ce qui représente un bonus de 38 jours de repos supplémentaires indemnisés. A partir de 2019, le congé maternité unique dure donc 8 semaines minimum et 16 semaines maximum (contre 6 semaines minimum et 11 semaines maximum auparavant pour les indépendantes).

En outre, il deviendra possible de reprendre partiellement une activité, six semaines après la naissance : une option qui ne manquera pas d’intéresser nombre de professionnelles de l’esthétique, auto entrepreneurs ou chefs de très petites entreprises, qui ne peuvent se permettre de lâcher totalement la direction de leur commerce durant de longs mois, sauf à perdre de la clientèle et mettre en péril leur affaire. Ce retour progressif au travail pourra concerner 1 jour par semaine pendant un mois, puis deux jours le mois suivant, tout en conservant le bénéfice de ses indemnités.

Enfin, dernière bonne nouvelle pour la trésorerie de l’entreprise, souvent mise à mal durant un arrêt maternité : les travailleuses indépendantes pourront obtenir un report des cotisations sociales forfaitaires durant leur congé maternité et demander à bénéficier d’un échelonnement des échéances sur 12 mois (voire 24 mois en cas de difficultés).